. Bourgeoisie and . Pouvoir, le rôle symbolique de l'image Humbert nous montre, sans le nommer, le célèbre libraire Tsuruya Kiemon ??????, spécialisé dans les nishikie ??, produit typique d'Edo, et installé à ???26. L'image de l'Edo meisho zue a été a été soigneusement retravaillée par l'illustrateur français

. Afin-de-créer-un-rendu-réaliste, projette des ombres portées et intègre les différents personnages dans un même espace Ces personnages proviennent de sources variées : l'étude de la collection Humbert permettra de lever certaines interrogations qui subsistent à leur sujet. L'illustrateur a réagencé les groupes de personnages au premier plan : la présence constante et contraignante des Yakunins est exprimée ici à travers les trois personnages à gauche. Leur pose frontale, la fixité du regard, les détails très individualisés des traits du visage permettent de penser qu'il s'agit en fait d'une photographie, du type des portraits que réalisait Beato dans son atelier. Voici à titre d'exemple une 20 ?????? ??? 21 On trouve l'indication : ????????????????????????????. 22 Aimé Humbert, Le Japon illustré. Paris, Hachette, 1870, tome I, p. 11. 23 Les Français peints par eux-mêmes, encyclopédie morale du XIX e siècle éditée par Léon Curmer, pp.1870-1875, 2003.

, L'inaka : un Japon bucolique tiré des estampes. Le rôle de visualisation imaginaire de l'image

, les sources du genre des meisho zue permettent d'ancrer la visualisation imaginaire dans un lieu précis ayant sa mémoire particulière. L'Edo meisho zue réunit un vaste ensemble géographique, qui s'étend autour d'Edo, dans une même unité culturelle. C'est à partir de la consultation de cet ouvrage à la vaste couverture géographique qu'Humbert construit tout son chapitre consacré à l'inaka ; il intègre cette dernière dans sa description d'Edo, dont l'immensité le frappait 39, A la différence des sources japonaises comme les gafu ou les manga

, L'étude détaillée de son texte révèle de nombreuses références aux illustrations de l'Edo meisho zue, quand bien même les images ne seraient pas reprises par les illustrateurs. Cette familiarité avec l'Edo meisho zue permet à Humbert de faire ressentir au lecteur éloigné l'attachement du peuple d'Edo à son territoire et aux traditions qui y sont liées. Il cite la Maison de thé Niken chaya ???? à Fukagawa, ou le Dôkan-yama ???, haut lieu de loisir champêtre, célèbre pour ses chants d'insectes

. Le-bourgeois-de-la-vieille-roche-aime-la-banlieue-pour-elle-même, Il la parcourt en tout sens et en toute saison. Il en connaît les curiosités, les particularités remarquables, les kermesses locales, les marchés annuels, p.40

, Il faut tout de même rappeler qu'il fait ici une généralisation à partir d'un ouvrage d'une grande érudition

L. Réflexions-sur-le-despotisme-du-bakufu-donnaient-une-tonalité, Edo, et, nous l'avons vu, s'insinuaient dans le traitement des illustrations. Mais la campagne qui environne Edo est envisagée par Humbert en opposition à cette dernière, comme une ouverture : Comme le bourgeois possède l'art d'échapper de temps en temps aux mailles du réseau et d'oublier, quand il lui plaît, le monde officiel qui le domine, il faut savoir, à son exemple, faire abstraction de tout ce côté sombre de sa vie journalière, p.41

. De-même-que-le-bourgeois-d, Edo s'échappe vers les alentours, de même, Humbert s'échappe des contraintes de la surveillance policière?en regardant l'Edo meisho zue. L'image acquiert ici un autre statut : elle est le support à la rêverie imaginative, à la distraction

, Citons ce qu'il dit du « Restaurant : à la vue du Fousi-Yama » (?????) de Meguro 42 : La recherche de fantastique n'est pas étrangère au charme que l'on trouve dans les maisons de thé de la banlieue de Yédo. Quelques unes sont exposées aux endroits les plus propices pour contempler le Fousi-yama. N'y eût-il que la vue de cette montagne extraordinaire, telles qu'elle apparaît au lever et au coucher du soleil, p.43

, qui lui servent de guide pour la sélection de ses illustrations Conclusion : Pour conclure sur la spécificité du recours à l'Edo meisho zue dans le Japon illustré, nous pouvons constater qu'il a été utilisé selon différentes modalités : premièrement, l'image prend une valeur symbolique lorsqu'elle oppose deux forces en présence au centre de la ville, le pouvoir et le commerce ; signalons d'ailleurs que les images les plus profondément retravaillées concernent le centre d'Edo : Humbert a intégré dans son portrait de la ville des « types » provenant d'une 39 « L'immensité de la capitale cause une étrange sensation. », Aimé Humbert, Le Japon illustré. Paris, Hachette, 1870, tome I, p. 356. 40 Aimé Humbert, Le Japon illustré, En nous décrivant les différents aspects de la montagne, Humbert se remémore sans doute ici les Cent vues du mont Fuji de Hokusai, pp.387-429